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Le deuil après la mort de ceux qui ont vu, je sais ce que c'est, je l'ai vécu

  • il y a 6 jours
  • 7 min de lecture
deuil après la mort
Deuil après la mort — accompagnement holistique Genève

Il existe plusieurs façons d'apprendre la mort de quelqu'un que l'on aime. Le téléphone qui sonne, une voix à l'autre bout qui change de ton, une phrase prononcée dans un couloir d'hôpital ou sur le pas d'une porte. Le deuil après la mort d'un être aimé est déjà, dans ces circonstances, d'une violence immense, et pourtant, ces façons-là laissent entre la personne endeuillée et la mort elle-même une infime distance, un instant de séparation entre le monde d'avant et l'annonce de ce qui ne sera plus jamais.

Et puis il y a une autre expérience, dont on ne parle presque jamais. Celle de ceux qui n'ont pas appris, ceux qui étaient là et qui ont vu.

J'ai écrit cet article pour eux, pour vous. Parce que j'ai moi-même traversé ce moment, au moment où mon père est parti. Et parce que dans tous les livres sur le deuil, dans toutes les conversations que la société nous autorise à avoir sur la mort, ce vécu-là reste presque toujours invisible. Je ne parle pas depuis la théorie. Je parle depuis un endroit que je connais de l'intérieur et c'est de cette expérience qu'est née, en partie, ma façon d'accompagner ceux qui vivent quelque chose de similaire.

Le deuil après la mort, ce que ça fait d'avoir été là

Il y a quelque chose que les gens qui n'étaient pas là ne peuvent pas tout à fait comprendre, même avec toute la bienveillance du monde : tu n'as pas seulement perdu quelqu'un. Tu as assisté à cette perte. Tu étais présent(e), au moment exact où une vie s'est terminée. La vie d'un être qui comptait parmi les plus importants de ta propre existence.

Ce moment-là, vous le portez d'une façon que personne autour de vous ne partage pleinement. Et même en étant plusieurs dans cette pièce, même en ayant traversé cela ensemble, chacun porte quelque chose d'intérieur, de singulier, d'impossible à tout à fait transmettre. La solitude du deuil après la mort d'un être aimé, quand on en a été témoin, n'est pas une solitude physique. C'est une solitude intérieure celle de celui ou celle qui a vu ce que les autres n'ont pas vu et qui cherche des mots pour dire quelque chose qui dépasse les mots.

Les gens autour de vous pleurent la même personne. Ils partagent la même absence, le même vide, la même douleur de ne plus entendre cette voix. Mais ils ne portent pas la même image. Et cette différence-là crée parfois, même au sein d'une famille unie dans la peine, quelque chose que l'on n'arrive pas tout à fait à nommer.


L'image, ce qu'on ne peut pas choisir de ne pas avoir vu

Traverser le deuil après la mort de son père, de sa mère, d'un pilier, depuis l'intérieur de la pièce où cela s'est passé, c'est porter quelque chose de particulier : une image. Parfois plusieurs. Des images qui ne se choisissent pas, qui arrivent sans prévenir, en pleine nuit, dans les premières secondes du réveil, ou au beau milieu d'un moment ordinaire et qui replongent en une fraction de seconde dans ce moment précis, avec une fidélité et une intensité que le temps, du moins au début, n'atténue pas.

Ces images ne sont pas un signe de pathologie. Elles sont la façon qu'a le cerveau de traiter un événement qui l'a dépassé, trop grand, trop brutal, trop chargé de sens pour être absorbé d'un seul coup. La mémoire traumatique fonctionne différemment de la mémoire ordinaire : elle ne classe pas, elle ne range pas, elle ne s'estompe pas avec le temps de la même façon. Elle revient, encore et encore, parce que le cerveau cherche à finir de traiter quelque chose qu'il n'a pas pu traiter sur le moment.

Ce n'est pas une faiblesse. C'est de la neurologie. Et comprendre cela que ces retours ne sont pas une punition mais un processus peut aider à les habiter différemment, avec un peu moins de peur et un peu plus de douceur envers soi-même.


Perdre un pilier et ne plus savoir où s'ancrer après sa mort

Un parent peut être bien plus qu'un être aimé. Il peut être une structure, un point d'ancrage, une façon d'exister en sécurité dans le monde, si profondément intégrée dans notre façon d'être que l'on ne mesure pas vraiment ce qu'elle représente tant qu'elle est là. De la même façon qu'on ne pense pas à la gravité jusqu'à ce que le sol manque.

Et puis du jour au lendemain, ce sol-là n'est plus. Et l'on cherche, souvent pendant longtemps, comment se tenir debout sans l'appui qui avait toujours été là. Vers qui se tourner quand on ne sait plus ? À qui montrer ce que l'on a accompli ? Qui appellera encore par ce prénom d'enfance que personne d'autre ne prononce de la même façon ?

Ce qui rend cela particulièrement difficile pour les témoins, c'est que non seulement le pilier a disparu, mais la façon dont il a disparu est présente en eux d'une façon qui ne l'est pas pour les autres. On ne porte pas seulement le vide de son absence. On porte aussi le souvenir de la transition de ce passage d'une présence à une absence auquel on a assisté. Et ces deux choses portées ensemble forment un poids d'une nature très particulière.


La culpabilité et les choses non dites

Il y a une émotion que beaucoup de personnes portent en silence après un deuil après la mort d'un proche, une émotion que l'on n'ose pas toujours nommer tant elle semble injuste : la culpabilité.

Pour les témoins, elle prend une forme particulière. Pas seulement la culpabilité d'avoir reporté un appel ou une visite mais celle d'avoir été là et de n'avoir pas pu empêcher ce qui s'est passé. Même quand on sait, rationnellement, que personne n'aurait pu faire davantage. Il reste une question muette, tenace, qui revient dans les moments de silence : est-ce que j'aurais pu faire quelque chose ? Est-ce que ma présence a compté ?

Il y a aussi le poids de ce qui n'a pas été dit. Les mots que l'on pensait avoir encore le temps de prononcer. La conversation remise à plus tard, parce qu'il y aurait d'autres occasions, parce que ce n'était jamais vraiment le bon moment. La mort brutale ne laisse pas le temps de ces conversations-là. Et leur absence peut devenir quelque chose que l'on porte longtemps, sans savoir comment le déposer.

Ce que j'ai appris, dans ma propre traversée et dans l'accompagnement des personnes qui vivent cela, c'est que ces mots non dits trouvent parfois un chemin malgré tout. À travers l'écriture, parfois. À travers un rituel, un lieu, un moment de silence habité. À travers le travail intérieur qui permet de se réconcilier non pas avec l'absence, parce qu'on ne se réconcilie pas avec ça, mais avec l'idée que le lien, lui, ne disparaît pas avec la mort de l'autre.


Ce que ta présence a vraiment signifié

Il y a quelque chose que je veux te dire, si tu portes cette culpabilité : tu étais là. Dans un monde où l'on fuit souvent ce qui est difficile à regarder, tu étais là. Et même si ta présence n'a pas changé ce qui s'est passé, elle a peut-être changé comment cela s'est passé, pour lui, pour elle. La mort n'est pas la même quand on est seul(e) que quand on est entouré(e) de ceux qu'on aime. Ta présence comptait, même si tu ne pouvais pas le mesurer dans ce moment-là.


Continuer à vivre sans trahir sa mémoire

Il y a dans le deuil après la mort d'un être cher une tentation particulière : rester gardien(ne) de ce moment. Comme si laisser la vie reprendre ses droits, c'était d'une certaine façon abandonner la mémoire de ce qui s'est passé, trahir le caractère sacré d'un moment auquel on a assisté.

Je comprends cela. Et en même temps, je veux te dire quelque chose que j'ai appris à travers ma propre traversée : continuer à vivre n'est pas effacer. Ce que tu as vu ne disparaîtra pas parce que tu ris à nouveau, parce que tu aimes à nouveau, parce que tu trouves à nouveau du sens à te lever le matin. Les personnes qui nous aiment ne demandent pas qu'on s'arrête de vivre pour prouver qu'on les aime. Ce qu'elles nous ont donné, leur force, leur façon d'être au monde, ce qu'elles nous ont transmis en existant à nos côtés, ne disparaît pas avec elles. Cela continue de vivre en nous, différemment, mais vivant.


La relation qui se poursuit autrement

Perdre quelqu'un que l'on aimait profondément ne signifie pas perdre tout lien avec lui. Le lien se transforme, il s'intériorise, il devient plus silencieux, il prend des formes que l'on n'attendait pas. Une façon de penser à certains moments qui ressemble à la sienne. Une valeur qu'il incarnait et que l'on découvre porter à son tour. Une présence que l'on sent, parfois, dans les moments importants.

Apprendre à habiter cette présence transformée, à y puiser sans la forcer, est l'une des formes les plus profondes du travail de deuil. Non pas faire comme si la perte n'avait pas eu lieu, mais l'intégrer dans la trame de qui l'on est et découvrir que l'amour, lui, ne meurt jamais.


Quand se faire accompagner

Il y a des deuils que l'on traverse avec le temps et le soutien de ceux qui nous entourent. Et il y en a d'autres, souvent ceux qui arrivent brutalement, ceux dont on a été témoin, qui laissent une personne dans un état de suspension prolongée, incapable de trouver son chemin vers un après.

Si tu te retrouves, des mois après la perte, incapable de fonctionner normalement, si tu t'isoles progressivement, si les images reviennent avec une intensité qui ne diminue pas, ces signaux méritent une attention professionnelle et bienveillante.

Un accompagnement holistique dans ces moments-là ne cherche pas à t'extraire de ta douleur trop vite. Il te tient compagnie dans la traversée, depuis un endroit qui connaît ce chemin de l'intérieur.


à toi

Je ne sais pas exactement ce que tu as vu. Mais je sais que tu portes quelque chose de très particulier, quelque chose que très peu de gens autour de toi peuvent vraiment comprendre de l'intérieur. Moi, je peux.

Le fait que tu aies été là, que tu n'aies pas fui, que tu aies tenu, même si tenir ressemblait à être simplement présent(e) sans pouvoir bouger, compte énormément. Tu n'avais pas à être parfait(e) dans ce moment. Tu avais juste à être là. Et tu l'étais.

Ce que tu traverses mérite toute ta douceur. Pas la performance du deuil bien fait. Juste la permission de traverser ça à ton propre rythme, avec la présence que tu mérites.

Tu portes ce deuil-là, et tu sens que tu as besoin d'un espace pour le déposer un peu ?

Je propose un appel découverte offert, un moment sans jugement ni pression, avec quelqu'un qui sait vraiment ce que c'est.


Jessica — Coach de vie holistique, Genève & en ligne | Méthode CLC™

 
 
 

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