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Et si l’année ne se terminait pas en décembre ?

Depuis toujours, on nous a appris que l’année se termine en décembre, que janvier marque un nouveau départ et que la fin de l’année serait naturellement le moment du bilan, des résolutions et du renouveau. Cette idée est tellement ancrée qu’elle semble aller de soi, comme une évidence collective à laquelle il serait difficile d’échapper...
Et si l’année ne se terminait pas en décembre ?
Et si l’année ne se terminait pas en décembre ?

Pourtant, dans l’expérience intérieure de beaucoup de personnes, c’est souvent tout l’inverse qui se manifeste. À cette période de l’année, la fatigue se fait plus présente, le rythme ralentit, la motivation s’effrite et il devient parfois difficile de se projeter vers l’avenir. Un sentiment diffus de décalage peut apparaître, comme si quelque chose sonnait faux dans ce tempo imposé, donnant l’impression de ne pas être à sa place dans ce rythme collectif.


Et si ce ressenti n’était ni un manque de volonté, ni un défaut personnel, mais simplement une réponse naturelle à un calendrier qui ne respecte plus les cycles du vivant?

Le véritable seuil de l’année dans la nature

Dans les cycles naturels, l’année ne se clôture pas en plein cœur de l’hiver. Au contraire, elle trouve son véritable point de bascule au moment de l’équinoxe de mars, lorsque la lumière commence à reprendre le dessus sur l’obscurité. C’est à ce moment-là que la sève remonte, que la terre se réchauffe progressivement et que la vie redémarre réellement dans la nature.


Symboliquement et énergétiquement, c’est là que commence un nouveau cycle. En astrologie tropicale, ce seuil correspond à l’entrée du Soleil en Bélier, signe de l’élan vital, de l’impulsion et de la mise en mouvement. Commencer une année en mars fait alors profondément sens, tandis que vouloir initier un nouveau cycle en plein hiver semble aller à l’encontre du mouvement naturel du vivant.


Treize cycles lunaires dans une année vivante

Lorsqu’on observe l’année à travers le prisme lunaire, un autre rythme apparaît. Entre deux équinoxes de printemps, on compte treize cycles lunaires complets, soit treize temps successifs de croissance, de maturation, de décroissance et de repos. Ce sont treize respirations naturelles qui scandent le vivant.


Chaque cycle lunaire dure environ vingt-huit jours, un rythme que l’on retrouve également dans de nombreux processus biologiques humains. Les cycles hormonaux, émotionnels et énergétiques du corps suivent eux aussi cette logique cyclique. Ce rythme n’a rien d’abstrait ou de symbolique uniquement, il est profondément inscrit dans le vivant et dans la physiologie humaine.


Une fatigue biologique parfaitement logique

L’hiver est, par essence, une période de ralentissement naturel. La lumière se fait plus rare, le froid mobilise davantage d’énergie interne et le corps cherche spontanément le repos, l’introspection et la conservation. Biologiquement, ce n’est pas le moment idéal pour initier de grands projets ou exiger une énergie d’expansion constante.


C’est plutôt une période propice à la récupération, à l’intégration et à la clôture de ce qui est déjà en train de s’éteindre. Demander au corps d’être productif, motivé et tourné vers l’action à ce moment-là crée un décalage profond. Ce décalage est souvent interprété comme un problème individuel, alors qu’il est en réalité structurel.


Un calendrier qui nous a éloignés de la nature

Le calendrier que nous utilisons aujourd’hui est un calendrier solaire, hérité des Romains puis modifié au fil des siècles. Il repose sur une vision linéaire du temps, découpée en mois inégaux, largement détachés des cycles naturels. Ce calendrier s’est imposé pour organiser la société, le travail, la production et la planification, et il s’avère extrêmement efficace pour structurer la vie collective.


Il soutient une énergie d’action, de projection et de performance, que l’on peut qualifier de yang, constante, active et tournée vers l’extérieur. Toutefois, ce modèle ne tient que très peu compte de l’autre polarité fondamentale du vivant.


Yin et Yang : deux rythmes complémentaires

Le soleil fonctionne sur un cycle journalier stable de vingt-quatre heures, structurant le temps social, professionnel et productif. La lune, quant à elle, suit un cycle d’environ vingt-huit jours et influence les marées, le vivant ainsi que les rythmes biologiques, émotionnels et hormonaux.


Ce rythme lunaire correspond à une énergie yin, cyclique, variable, intérieure et non linéaire. En vivant exclusivement selon un calendrier solaire, nous privilégions une seule polarité, celle de l’action continue, au détriment du repos, de l’intégration et de l’écoute intérieure. L’action se fait alors sans pause réelle, la production sans respiration, le faire sans l’être.


Vivre à contre-cycle

Pour les personnes sensibles à ces rythmes, vivre dans un système uniquement régi par le soleil peut générer un profond sentiment de décalage. Ne pas se sentir à sa place, avoir l’impression de forcer en permanence, se sentir épuisé sans raison apparente ou en marge d’un système qui ne respecte pas le vivant sont des expériences fréquentes.


Ce vécu n’est pas une faiblesse. Il révèle souvent une hypersensibilité aux rythmes naturels et une capacité, parfois inconfortable, à percevoir ce qui est désaligné.


Replacer le début de l’année là où la vie recommence

Reconsidérer le début de l’année en mars peut transformer profondément la manière de se comprendre. L’hiver redevient alors un temps de clôture, de ralentissement et de repos légitime, tandis que le printemps retrouve sa place de véritable point de départ.


L’élan revient naturellement, sans avoir besoin d’être forcé. Ce simple changement de regard peut apaiser une grande culpabilité intérieure, celle de ne pas « y arriver » en janvier ou de ne pas se sentir aligné avec le rythme collectif.


En conclusion

Si tu te sens fatigué en fin d’année, ce n’est peut-être pas quelque chose à corriger, mais un signal de ton corps, encore relié à un rythme que notre société a largement oublié. Nous vivons sur un calendrier solaire efficace, mais incomplet, déconnecté des cycles lunaires, du yin et du vivant.


Et il est profondément normal que certaines personnes ne s’y reconnaissent pas. Revenir à une lecture plus naturelle du temps ne signifie pas rejeter le système, mais simplement se redonner le droit de vivre au rythme de la vie, plutôt que contre elle...

 
 
 

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